Comment les acheteurs utilisent ChatGPT pour trouver un fournisseur
Un acheteur d'une entreprise générale ou un responsable maintenance d'usine cherche un fournisseur là où il a l'habitude de poser ses questions. Depuis deux ou trois ans, une partie de ces questions va aux assistants d'intelligence artificielle. La question ressemble à ceci : « Donne-moi cinq fabricants de convoyeurs à bande sur mesure dans l'ouest de la France, avec leurs capacités et leurs certifications. »
L'assistant répond en quelques secondes par une liste commentée, souvent avec des liens vers les sites qu'il a lus. Il a lu des pages, des annuaires, des articles, puis résumé. Ce n'est pas encore la majorité des acheteurs, et personne ne dispose de chiffres fiables par métier ; mais la pratique existe, elle progresse, et elle touche d'abord les acheteurs de moins de quarante ans et les entreprises équipées de Copilot dans leurs outils bureautiques.
Concrètement, l'IA sert à quatre moments : comprendre un marché inconnu (« quelles technologies existent pour… »), dresser une première liste de fournisseurs, comparer deux entreprises trouvées ailleurs, et rédiger la demande de devis envoyée ensuite. Les autres canaux restent ; l'IA s'ajoute devant, comme un premier tri.
Quelle IA les acheteurs utilisent-ils pour les achats ?
Il n'existe pas de classement fiable, et le paysage change tous les six mois. Ce qui compte pour vous : lesquels lisent le web au moment de répondre, car ce sont ceux qui peuvent vous citer.
| Assistant | Éditeur | Où l'acheteur le rencontre | Lit-il votre site au moment de répondre ? |
|---|---|---|---|
| ChatGPT | OpenAI | Site et application, usage personnel puis professionnel | Oui, avec la recherche web activée ; il cite ses sources |
| Copilot | Microsoft | Intégré à Windows, Edge et Microsoft 365 dans de nombreuses entreprises | Oui, via le moteur Bing |
| Gemini et réponses IA de Google | Directement dans la page de résultats Google, au-dessus des liens | Oui, à partir des pages que Google connaît déjà | |
| Perplexity | Perplexity AI | Utilisateurs qui veulent des sources détaillées | Oui, chaque phrase renvoie à une page |
| Le Chat | Mistral AI (France) | Entreprises attentives à l'hébergement des données | Oui, avec la recherche web |
Le point commun : tous s'appuient sur les pages web accessibles et sur les moteurs de recherche existants. Un fabricant que Google trouve sur ses recherches précises a de fortes chances d'être lu par les assistants ; l'inverse est vrai aussi. Il n'y a donc pas un travail « pour Google » et un autre « pour l'IA », mais un seul.
Ce que l'IA lit sur votre site internet, et ce qu'elle ne lit pas
Un assistant lit un site comme un lecteur pressé qui ne voit pas les images. Il prend le texte, les titres, les tableaux, les légendes. Il ne comprend ni une photo d'atelier sans légende, ni un diaporama d'accueil, ni un texte incrusté dans une image, ni une plaquette scannée. Il lit mal les pages qui mettent trois minutes à s'afficher, et pas du tout celles que votre site lui interdit : les robots des éditeurs (OpenAI documente les siens, GPTBot et OAI-SearchBot) respectent le fichier robots.txt, et certains sites les bloquent sans le savoir parce qu'un prestataire a coché une case.
Ce qu'il retient d'une page, dans l'ordre :
- ce que vous fabriquez, en termes que l'acheteur emploie (« cuves inox agroalimentaires », pas « solutions de stockage innovantes ») ;
- pour qui : secteurs, types de clients, taille des projets ;
- où : zone livrée, zone d'intervention, adresse de l'atelier ;
- les capacités chiffrées : dimensions maximales, tonnage, épaisseurs, parc machines, délais habituels ;
- les preuves : certifications (ISO 9001, EN 1090, Qualibat), réalisations décrites, années d'existence, effectif ;
- la cohérence avec ce qu'il lit ailleurs : votre fiche Google Entreprise, l'annuaire de votre fédération, Kompass, Europages, la presse régionale.
Un site de cinq pages qui dit « expertise, qualité, réactivité » ne donne rien à retenir.
Quoi changer sur votre site pour être cité par l'IA
Les changements utiles sont les mêmes que ceux qui font venir des demandes de devis depuis Google, et aucun ne demande un développeur pendant trois mois.
- Une page par famille de produit ou de prestation, avec un titre qui dit la chose, un premier paragraphe qui répond « quoi, pour qui, où », et les capacités en chiffres.
- Une page « atelier et capacités » : surface, parc machines, effectif, moyens de levage, certifications, avec les dates.
- Des réalisations racontées : type de client (anonyme si nécessaire), problème, ce qui a été fabriqué, dimensions, délai. Une photo légendée vaut plus qu'une galerie muette.
- Une page de questions fréquentes avec les vraies questions de vos acheteurs : délais, quantités minimales, matières, zone livrée, documents fournis.
- Des coordonnées identiques partout : nom, adresse, téléphone, sur le site, la fiche Google, les annuaires.
- Aucun blocage des robots dans robots.txt, sauf décision réfléchie.
Chez Inscale Agency, nous écrivons ces pages pour les recherches Google des acheteurs, et nous constatons que ce sont les mêmes pages que les assistants d'IA reprennent quand ils citent un fabricant. Si votre site internet ne ramène aucune demande, il y a fort à parier qu'il n'est cité par aucun assistant non plus, pour les mêmes raisons ; la méthode pour apparaître sur Google comme entreprise industrielle règle les deux problèmes à la fois.
Comment vérifier vous-même ce que l'IA dit de votre entreprise
Le test prend dix minutes et coûte zéro euro. Ouvrez ChatGPT, Copilot ou Perplexity, activez la recherche web quand l'option existe, et posez trois questions :
- « Quels fabricants de [votre produit] sur mesure existe-t-il en [votre région] ? » : êtes-vous cité, et qui l'est à votre place ?
- « Que sais-tu de [nom de votre entreprise] ? » : l'assistant décrit-il ce que vous faites vraiment, avec les bons chiffres, ou mélange-t-il avec un homonyme ?
- « Quelles sont les capacités de [votre entreprise] ? » : si la réponse est vague, c'est que votre site l'est.
Refaites l'exercice tous les trimestres : les réponses varient d'un jour à l'autre et d'un outil à l'autre. Si l'assistant se trompe sur vous, la correction ne se fait pas auprès de l'éditeur mais à la source : corrigez la page qu'il a lue, votre fiche Google ou l'annuaire fautif.
Méfiez-vous des démarcheurs qui promettent de vous « placer dans ChatGPT » ou garantissent d'être cité. Aucun éditeur ne vend cette place au moment où nous écrivons, et aucun prestataire ne contrôle ce qu'un assistant répond. Ce qui se travaille, c'est ce que l'assistant peut lire.
ChatGPT dans votre entreprise : utile pour les devis, à condition de quelques précautions
Que peut faire un assistant d'IA pour un fabricant de trente personnes ? Des choses modestes et rentables. Reformuler une page produit dans les mots de l'acheteur. Traduire une fiche pour Europages. Rédiger la trame d'une relance de devis ou d'une réponse à un appel d'offres à partir de vos notes.
Trois précautions, à écrire noir sur blanc pour vos salariés :
- ne jamais coller de plans, de prix de revient, de listes clients ou de données de salariés dans un outil grand public ; les versions professionnelles payantes s'engagent en principe à ne pas réutiliser vos données pour l'entraînement, vérifiez le contrat ;
- relire chaque fait, chaque chiffre, chaque référence de norme : l'assistant se trompe avec assurance, et un devis qui cite une norme inexistante engage votre responsabilité, pas la sienne ;
- respecter le règlement sur les données personnelles pour tout ce qui touche aux salariés et aux contacts clients ; la CNIL publie des recommandations à ce sujet.
Un usage raisonnable : l'assistant prépare, un humain décide et signe.
Modèle prêt à l'emploi
Liste de contrôle : ce qu'un assistant d'IA doit pouvoir lire sur votre site internet
À passer en revue avec la personne qui gère votre site. Chaque ligne se vérifie en ouvrant la page concernée.
- [ ] La page d'accueil dit en une phrase ce que nous fabriquons, pour qui et où.
- [ ] Chaque famille de produits a sa page, avec un titre explicite et des capacités en chiffres (dimensions, tonnage, matières, délais).
- [ ] Une page « atelier et capacités » décrit la surface, le parc machines, l'effectif et les moyens de levage.
- [ ] Les certifications (ISO, EN, Qualibat, MASE) sont écrites en texte, avec l'année, pas seulement en logo.
- [ ] Au moins cinq réalisations sont décrites en texte : client type, problème, solution, dimensions, délai.
- [ ] Chaque photo importante a une légende factuelle.
- [ ] Une page de questions fréquentes reprend les vraies questions des acheteurs.
- [ ] La zone livrée ou d'intervention est écrite noir sur blanc.
- [ ] Nom, adresse et téléphone sont identiques sur le site, la fiche Google et les annuaires.
- [ ] Le fichier robots.txt n'interdit pas les robots des moteurs et des assistants, sauf décision volontaire.
- [ ] Test trimestriel : « Quels fabricants de [produit] en [région] ? » posé à deux assistants, réponses archivées.
Exemple chiffré
Chez un fabricant de convoyeurs à bande dans le Nord
Trente-cinq salariés, un site internet refait en 2019, joli, avec des photos plein écran et des textes sur « l'innovation au service de vos flux ». En posant à ChatGPT la question « fabricants de convoyeurs sur mesure dans les Hauts-de-France », le dirigeant a vu cinq concurrents cités, pas lui. En demandant « que sais-tu de [son entreprise] », il a obtenu trois lignes vagues et une confusion avec un transporteur routier.
Il a fait réécrire six pages : une par type de convoyeur, avec largeurs de bande, charges, longueurs maximales, secteurs servis, et une page capacités. Quatre mois plus tard, l'entreprise apparaissait dans la liste de deux assistants sur trois, avec les bons chiffres. Deux demandes de devis reçues ce trimestre mentionnaient « trouvé via ChatGPT ».
Questions fréquentes
Comment trouver les fournisseurs d'une entreprise ?
Un acheteur combine plusieurs sources : une recherche Google précise, une question à un assistant d'IA, les annuaires professionnels comme Kompass ou Europages, les salons de sa filière, sa fédération et ses confrères. Pour être trouvé par lui, un fabricant doit être lisible sur chacune de ces sources, avec les mêmes informations partout.
Quelle IA choisir pour les achats ?
Aucun classement fiable n'existe et les outils évoluent vite. ChatGPT, Copilot, Gemini, Perplexity et Le Chat lisent tous le web au moment de répondre et citent leurs sources. Pour un fabricant, la question n'est pas de choisir un outil mais d'être lisible par tous : ils s'appuient sur les mêmes pages.
Comment faire pour avoir des fournisseurs ?
Vu du côté de l'acheteur, la démarche est simple : décrire le besoin, obtenir une première liste, vérifier les capacités et les références, demander trois devis. L'IA sert de plus en plus à la première liste. Un fabricant qui veut y figurer doit publier ses capacités et ses réalisations en texte clair.
Peut-on payer pour être cité par ChatGPT ?
Au moment où nous écrivons, aucun éditeur d'assistant ne vend de place dans ses réponses, et aucun prestataire ne contrôle ce qu'un assistant répond. Les offres qui garantissent d'être cité relèvent de la promesse commerciale. Ce qui se travaille réellement, c'est le contenu que l'assistant peut lire sur votre site et ailleurs.
Faut-il bloquer les robots d'IA sur mon site internet ?
Certains éditeurs bloquent les robots d'entraînement pour protéger leurs contenus. Pour un fabricant qui cherche des demandes de devis, le blocage se retourne contre lui : un assistant qui ne peut pas lire votre site ne vous citera jamais. Vérifiez votre fichier robots.txt et ne bloquez qu'en connaissance de cause.
- OpenAI — Documentation des robots d'exploration (GPTBot, OAI-SearchBot)
- Google Search Central — Fonctionnement de la recherche et des fonctionnalités IA
- CNIL — Intelligence artificielle et données personnelles
- France Num — Le numérique pour les TPE et PME
Informations à jour au 20 septembre 2026. Elles ne remplacent pas le conseil de votre expert-comptable ou de votre avocat sur votre situation.